Mondragon : le ratio salarial qui interpelle les économistes
Une étude de l'Alliance Coopérative Internationale publiée fin avril 2026 remet en lumière un chiffre troublant : chez Mondragon, l'écart entre le salaire le plus bas et le plus élevé est de 1 à 9. Dans une entreprise du FTSE 100, il est de 1 à 129.
Fin avril 2026, l’Alliance Coopérative Internationale a publié une étude sur ce que Mondragon peut enseigner au monde. La coopérative basque — 81 coopératives autonomes, 70 000 travailleurs, présente dans 53 pays — existe depuis 1956. Elle a traversé des crises, des restructurations, des désaccords.
Ce qui attire l’attention des économistes, c’est un chiffre simple : le ratio entre le salaire le plus bas et le salaire le plus élevé est de 1 à 9 chez Mondragon. Dans une entreprise du FTSE 100 — les plus grandes cotées au Royaume-Uni —, ce même ratio est de 1 à 129.
Autrement dit : chez Mondragon, le dirigeant gagne au maximum 9 fois ce que gagne le travailleur en bas de l’échelle. Dans une grande entreprise cotée, il gagne 129 fois plus.
Cette contrainte n’a pas empêché Mondragon de devenir le dixième groupe industriel d’Espagne. Elle a en revanche créé quelque chose de rare : une organisation où les intérêts des dirigeants et des travailleurs restent structurellement alignés — et où les décisions difficiles, comme les baisses de salaires mutualisées pendant la crise de 2008, se prennent collectivement.
C’est un modèle imparfait, avec ses propres limites à l’échelle. Mais à l’heure où l’écart de revenus se creuse partout, il mérite d’être pris au sérieux.
Pour aller plus loin : Mondragon a 70 ans : ce que la plus grande coopérative ouvrière prouve
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