
Thomas Huriez a parié qu'on pouvait fabriquer un jean entier en France — depuis 2013, il tient son pari
En 2013, Thomas Huriez lance 1083 à Romans-sur-Isère : faire un jean complet à moins de 1 083 km du client. Treize ans plus tard, la marque produit jeans et sneakers dans une vingtaine d'ateliers français — et cartographie les limites d'une relocalisation industrielle réelle.
Thomas Huriez est parti d’une contrainte nommée : fabriquer à moins de 1 083 km du client — le diamètre du cercle qui contient la France entière. Sa marque, fondée en 2013 à Romans-sur-Isère (Drôme), est aujourd’hui l’une des rares à assembler un jean complet sur le sol français : filature, tissage, confection, finition.
La chaîne mobilise une vingtaine d’ateliers partenaires répartis dans l’Hexagone. Pour le denim, 1083 a repris en 2018 une usine de tissage en difficulté à Rupt-sur-Moselle (Vosges), rebaptisée Tissage de France, afin de sauver ce savoir-faire. La marque a ouvert une boutique-usine à Romans et forme des couturières, recréant une filière textile que les délocalisations avaient effacée.
Les limites sont nommées sans détour sur leur site : le coton reste importé, faute de filière française à l’échelle industrielle. Et un jean 1083 coûte entre 120 et 210 € — un prix supérieur à celui de la consommation de masse courante. Huriez lui-même l’assume : la relocalisation a un coût immédiat que le marché de masse ne peut pas encore absorber.
Ce que ce modèle démontre, c’est que la chaîne est techniquement réalisable — et qu’elle cartographie avec précision les maillons encore absents. Chaque vêtement est une preuve de concept, pas une solution prête à l’emploi.
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