
Ungersheim : le village alsacien qui produit sa propre électricité depuis 2012
À Ungersheim, 2 200 habitants ont transformé une friche minière en la plus grande centrale photovoltaïque d'Alsace. Depuis 2012, le village est autonome en électricité, a économisé 120 000 euros par an de frais municipaux et n'a pas augmenté ses impôts depuis vingt ans.
En 2003, la dernière mine de potasse ferme ses portes à Ungersheim, dans le Haut-Rhin. Le village de 2 200 habitants aurait pu se résigner au déclin. À la place, le maire Jean-Claude Mensch lance en 2009 un programme participatif baptisé « 21 actions pour le XXIe siècle » — alimentation, énergie, transports, école, argent — construit avec les habitants.
La pièce maîtresse : une centrale photovoltaïque de 40 000 m² installée sur la friche industrielle des anciennes mines de potasse. Depuis le 31 décembre 2012, Ungersheim est autonome en production d’électricité — la centrale de 5,4 MWc couvre les besoins de l’équivalent de 10 000 habitants. Le village a aussi réduit ses émissions de 600 tonnes de CO2 par an, économisé 120 000 euros de frais de fonctionnement annuels, créé une centaine d’emplois locaux, et n’a pas augmenté les impôts locaux depuis vingt ans.
La limite honnête de ce cas d’école : Ungersheim bénéficiait d’une friche industrielle exceptionnelle et d’indemnisations historiques liées à l’exploitation minière, conditions difficiles à reproduire partout. La volonté politique de Jean-Claude Mensch, maire de 1989 à 2026, a aussi joué un rôle central — un facteur de continuité rare.
Ce qu’il faut surveiller : l’extension du modèle aux communes rurales disposant de friches agricoles, et les résultats du plan objectif 2030 pour l’autonomie en chaleur et en mobilité.
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