
Semences paysannes : 80 organisations pour sauver la biodiversité cultivée
Pendant des siècles, les paysans ont sélectionné, échangé et adapté leurs semences. Ce savoir-faire risque de disparaître : 75 % des variétés agricoles mondiales se sont éteintes au XXe siècle. En France, le Réseau Semences Paysannes regroupe 80 organisations pour inverser cette tendance.
Une tomate de Marmande sélectionnée par dix générations de paysans gascons. Un blé Barbu du Roussillon adapté aux sécheresses méditerranéennes. Un haricot grimpant de Savoie résistant aux fongiques sans aucun intrant chimique. Ces variétés constituent un patrimoine génétique vivant — et elles disparaissent.
L’Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation estime que 75 % des variétés agricoles mondiales se sont éteintes depuis le début du XXe siècle, emportées par la standardisation industrielle. Face à cela, le Réseau Semences Paysannes (RSP) regroupe aujourd’hui 80 organisations — syndicats paysans, associations d’agriculture biologique, artisans semenciers, collectivités — pour maintenir, sélectionner et diffuser les semences paysannes dans les fermes et les jardins.
La tension principale est juridique. La réglementation européenne sur les semences interdit encore, dans la plupart des cas, la vente commerciale des variétés non inscrites au Catalogue Officiel — ce qui marginalise de fait les variétés paysannes. Le RSP plaide depuis des années pour un régime d’exception fondé sur le droit à l’échange et à la sélection fermière. La révision du règlement semences de l’UE, en cours en 2025-2026, ouvre une fenêtre — mais les industriels semenciers restent des acteurs majeurs des consultations.
Ce qu’il faut surveiller : le texte final du règlement européen sur la production et la commercialisation des semences, attendu pour 2026-2027.
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