L'Europe se dote d'une loi contraignante pour restaurer la nature
En juillet 2024, le Règlement européen de restauration de la nature est entré en vigueur — une première mondiale. Pour la première fois, un grand espace économique s'impose légalement de réparer les écosystèmes qu'il a dégradés : 20 % des terres, 25 000 km de rivières, 3 milliards d'arbres.
En juillet 2024, le Règlement européen de restauration de la nature (Règlement 2024/1991) est entré dans le droit européen. Il ne s’agit pas d’un objectif de développement durable ni d’une déclaration d’intention : c’est une obligation juridique.
Le texte est précis. D’ici 2030, des mesures de restauration devront couvrir au moins 20 % des terres et 20 % des zones marines de l’Union. Au moins 25 000 kilomètres de cours d’eau devront être remis en libre circulation — des rivières aujourd’hui bloquées par des barrages obsolètes ou canalisées contre leur nature. Au moins 3 milliards d’arbres supplémentaires devront être plantés dans le respect des principes écologiques. D’ici 2050, l’objectif s’étend à l’ensemble des écosystèmes qui en ont besoin.
Ce qui distingue ce règlement de ses prédécesseurs, c’est son caractère contraignant. Les États membres devront démontrer leur progression — non pas la promettre.
La Commission européenne a estimé que chaque euro investi dans la restauration de la nature génère entre 4 et 38 euros en services écosystémiques : eau filtrée, sols fertiles, protection contre les crues, stockage de carbone.
Ce n’est pas de l’altruisme. C’est du calcul à long terme — inscrit, pour la première fois, dans la loi.
Pour aller plus loin : La révolution du rewilding : comment l’Europe redonne vie à ses territoires
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