
Monnaies locales : 82 alternatives à l'euro pour relocaliser l'économie
En France, 82 monnaies locales complémentaires circulent entre voisins, artisans et commerçants de proximité. La gonette à Lyon, le Moneko à Nantes, le sol à Toulouse : ces alternatives à l'euro ne prétendent pas remplacer la monnaie nationale — elles cherchent à court-circuiter la fuite des richesses hors des territoires.
Imaginez une monnaie qui ne peut pas quitter la ville. Chaque billet dépensé chez un boulanger local revient forcément à un libraire, à un maraîcher ou à un artisan du même territoire — et n’est jamais aspiré par une holding offshore. C’est le principe des monnaies locales complémentaires (MLC) : des unités d’échange parallèles à l’euro, valables uniquement chez les commerçants et prestataires adhérents du réseau local.
En France, 82 MLC sont actives, regroupant près de 10 000 entreprises et associations partenaires et représentant environ 5 millions d’euros en circulation (selon la dernière étude nationale du Mouvement Sol, en 2021). Deux fédérations les coordonnent : le Mouvement Sol (une quarantaine de monnaies) et le Réseau des MLCC. L’eusko du Pays Basque reste la plus importante d’Europe, avec près de 5 millions d’unités en circulation.
La portée économique réelle reste modeste. Ces 5 millions d’euros représentent une fraction infime de l’économie locale concernée, et la plupart des réseaux peinent à franchir le seuil critique d’adoption au-delà de quelques centaines de militants convaincus. Les monnaies locales ne permettent pas de s’acquitter des impôts, des loyers, ni des charges sociales — ce qui limite structurellement leur usage quotidien.
Ce qu’il faut surveiller : l’intégration des MLC dans les marchés publics locaux et leur reconnaissance dans les politiques alimentaires territoriales comme levier d’approvisionnement de proximité.
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