Forêt de mangroves aux racines immergées dans une eau calme et translucide, lumière dorée filtrant à travers le feuillage, oiseaux nichant dans les branches, paysage côtier serein, illustration aquarelle
Écologie & Régénération

Les mangroves couvrent moins de 1 % des forêts tropicales — et stockent le carbone 2 à 4 fois plus efficacement

Les mangroves représentent moins de 1 % des forêts tropicales, mais leur dégradation produit jusqu'à 10 % des émissions mondiales liées à la déforestation. Elles stockent le carbone 2 à 4 fois plus efficacement que les forêts terrestres. Portrait d'un géant climatique discret.

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Les mangroves forment l’une des forêts les plus efficaces de la planète pour capturer le carbone. Elles couvrent moins de 1 % des forêts tropicales du monde, mais stockent le carbone 2 à 4 fois plus efficacement que les forêts terrestres — et leur dégradation représente pourtant jusqu’à 10 % des émissions mondiales liées à la déforestation.

Ce paradoxe a une explication. Les racines des mangroves plongent dans des sédiments côtiers pauvres en oxygène, où le carbone se minéralise lentement et se stocke pendant des siècles. Les scientifiques appellent ce phénomène le « carbone bleu ». Une étude de 2025 publiée dans Scientific Data estime le stock total mondial de carbone dans les mangroves à plus de 10 000 mégatonnes, soit l’équivalent de plusieurs décennies d’émissions mondiales.

Ces forêts ne font pas que séquestrer le carbone. Elles protègent les côtes des tempêtes et des cyclones, abritent les nurseries de centaines d’espèces marines, et stabilisent les sédiments côtiers dont dépendent d’autres écosystèmes.

Des projets de restauration se développent en Indonésie, aux Philippines, au Sénégal et en Amérique centrale — souvent portés par des communautés locales de pêcheurs. Une mangrove peut retrouver une grande partie de ses fonctions en une décennie, à condition que les pressions humaines cessent.

Ces écosystèmes discrets sont des géants climatiques. Les protéger coûte infiniment moins cher que tenter de compenser leurs émissions après coup.

Source : Blue Carbon Initiative (IUCN/CI/IOC-UNESCO)


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