Yellowstone : les loups ont multiplié par quinze le volume des forêts riveraines
Une étude publiée en 2025 dans Global Ecology and Conservation mesure l'effet de la réintroduction des loups à Yellowstone : le volume des couronnes de saules riverains a augmenté de 1 500 % entre 2001 et 2020. La cascade trophique est l'une des plus fortes jamais documentées.
En 1995, seize loups ont été relâchés dans le parc national de Yellowstone après une absence de 70 ans. Ce chiffre semble modeste. Ce qui s’est passé ensuite ne l’est pas.
Une étude publiée en 2025 dans Global Ecology and Conservation par William Ripple et Robert Beschta a mesuré l’état de 25 sites riverains entre 2001 et 2020. Résultat : le volume des couronnes de saules dans les zones ripicoles a progressé de 1 500 % — une cascade trophique dont la force dépasse 82 % des cas documentés dans la littérature mondiale.
Le mécanisme est indirect. Les loups ne mangent pas les saules ; ils modifient le comportement des cervidés, qui évitent désormais les berges où leur vulnérabilité est maximale. Libérés du broutage intensif, les saules, les peupliers et les aulnes ont pu repousser. Les cours d’eau se sont stabilisés. Les castors sont revenus. Les rapaces ont suivi.
« Nos résultats soulignent la puissance des prédateurs comme architectes des écosystèmes », résume Ripple. « La restauration des loups a transformé des parties de Yellowstone, bénéficiant non seulement aux saules, mais aussi aux trembles, aux aulnes et aux arbustes à baies. »
Une leçon simple : parfois, la meilleure intervention écologique consiste à remettre en place ce que nous avons retiré.
Pour aller plus loin : La révolution du rewilding : comment l’Europe redonne vie à ses territoires
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