Revenu universel au Kenya : 200 villages, aucune preuve d'oisiveté
Les résultats préliminaires de la plus grande étude mondiale sur le revenu universel de base, publiés en décembre 2023 par GiveDirectly, ne montrent aucun effet désincitatif au travail : les bénéficiaires investissent davantage, deviennent plus entrepreneurs et gagnent plus.
L’une des objections classiques au revenu universel tient en un mot : oisiveté. Si les gens reçoivent de l’argent sans conditions, cesseront-ils de travailler ?
En décembre 2023, GiveDirectly a publié les résultats préliminaires de la plus grande étude mondiale sur le revenu universel de base. Depuis 2018, environ 200 villages au Kenya reçoivent des paiements réguliers selon trois modalités — versements mensuels à long terme (12 ans), à court terme (2 ans), ou somme forfaitaire unique.
Le verdict est clair : « Il n’existe aucune preuve que le revenu universel favorise l’oisiveté. Les bénéficiaires investissent, deviennent plus entrepreneurs et gagnent davantage. » Les ménages ayant bénéficié de la somme forfaitaire ont vu leurs revenus progresser de 50 % par rapport au groupe de contrôle — un effet de taille exceptionnellement élevé dans la recherche sur le développement.
Les transferts ont été dépensés en grande majorité sur des besoins essentiels : alimentation, logement, capital pour de petites activités économiques. L’hypothèse de la dépendance ne s’est pas matérialisée. Ce qui s’est matérialisé : une hausse de l’autonomie, de l’emploi indépendant et du revenu.
L’étude est toujours en cours. Les données à 12 ans sont attendues — les effets à long terme restent ouverts, et aucun résultat intermédiaire ne permet de conclure sur la durabilité des gains au-delà de la période de versement. Ce que ces résultats permettent de dire : le frein au revenu universel n’est pas humain. Il est politique.
Pour aller plus loin : Le revenu universel de base : ce que 40 ans de données nous apprennent vraiment
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