
Jardins de Cocagne : le maraîchage bio qui cultive l'emploi et le lien
En France, plus de 100 Jardins de Cocagne offrent à des personnes éloignées de l'emploi de cultiver ensemble des légumes biologiques. Chaque saison, 5 000 salariés en insertion livrent plus d'un million de paniers bio — preuve que l'agriculture peut réparer des trajectoires autant qu'elle nourrit.
En 1991, à Chalezeule près de Besançon, Jean-Guy Henckel ouvrait le premier Jardin de Cocagne : une ferme maraîchère biologique employant des personnes fragilisées par le chômage, l’isolement ou des ruptures sociales. Le principe : cultiver ensemble, livrer des paniers, retrouver un rythme et des compétences reconnues.
Trente ans plus tard, le Réseau Cocagne regroupe plus de 100 jardins en France, qui emploient chaque année plus de 5 000 salariés en insertion et livrent plus d’un million de paniers bio locaux et solidaires dans 1 400 points de dépôt à travers le territoire. Quatre-vingt pour cent des salariés étaient auparavant éloignés de toute activité professionnelle.
La limite structurelle de ce modèle reste le financement. Les contrats d’insertion (12 à 24 mois) sont bornés dans le temps, et les subventions publiques oscillent selon les priorités politiques. Le taux de « sortie positive » vers l’emploi stable varie fortement d’un jardin à l’autre, et peu de Cocagne peuvent garantir une trajectoire durable sans accompagnement social renforcé.
Ce qu’il faut surveiller : l’accès des structures d’insertion par l’activité économique aux fonds FSE+ 2027-2034 — et leur capacité à ancrer chaque jardin dans un Projet Alimentaire Territorial local pour sécuriser les débouchés.
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