Personnes européennes marchant librement dans une place de ville ouverte, architecture urbaine européenne chaleureuse en arrière-plan, bulle translucide de protection symbolisant la vie privée flottant doucement dans l'air, atmosphère de liberté et de sécurité, illustration aquarelle
Technologie éthique

L'IA Act européen interdit certains usages biométriques — et en légalise d'autres

Premier cadre juridique mondial sur l'IA, le règlement européen 2024/1689 pose de vraies limites sur les usages dangereux de l'intelligence artificielle. Mais le même texte crée aussi la première base légale régionale qui autorise explicitement l'identification biométrique en temps réel par les forces de l'ordre. Un précédent fragile à défendre, pas une victoire à célébrer.

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En août 2026, les obligations du règlement européen sur l’IA (UE 2024/1689) pesant sur les systèmes à haut risque entrent en vigueur — recrutement algorithmique, scoring de crédit, tri biométrique — soumis à audits et supervision humaine obligatoires. Les interdictions les plus strictes de l’article 5 (notation comportementale d’État, scoring social) sont applicables depuis février 2025. C’est du jamais vu : aucune autre région du monde n’avait encore défini de tels garde-fous légaux contraignants sur les usages les plus dangereux de l’IA.

Mais ce même texte mérite une lecture au-delà du titre. L’article 5 du règlement ne prohibe pas la reconnaissance faciale — il en crée la première base légale régionale explicite pour les forces de l’ordre, sous trois exceptions : personne disparue, menace terroriste imminente, suspects de crimes graves listés en annexe. L’identification biométrique a posteriori, classée à haut risque, reste aussi autorisée. EDRi analyse ces exceptions comme dangereusement larges, et Access Now conclut que la loi protège davantage les forces de l’ordre que les citoyens : sous couvert de protection des libertés, l’Europe officialise une infrastructure de traçage biométrique d’État — un précédent fragile dont les contours resteront à défendre.

L’Europe a posé ces limites plus tôt que les États-Unis, la Chine ou le Royaume-Uni — c’est réel, et rare. Ce qu’il faut désormais surveiller : comment chaque État membre transposera ces exceptions dans son droit national, et si leurs conditions d’application resteront aussi étroites que le texte le promet.

Source : EUR-Lex, Règlement (UE) 2024/1689

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