
Herbiers de posidonie : les prairies marines qui stockent le carbone depuis des millénaires
Sous la Méditerranée, les herbiers de posidonie couvrent 2 millions d'hectares et stockent jusqu'à 3 fois plus de CO2 qu'une forêt tempérée à surface égale. Mais ils reculent en silence — et avec eux, des millénaires de carbone séquestré pourraient être relâchés.
À première vue, ce sont des prairies : de longs rubans verts oscillant lentement sous la Méditerranée. La posidonie (Posidonia oceanica) n’est pas une algue mais une plante à fleurs aquatique, endémique de Méditerranée, dont les herbiers couvrent plus de 2 millions d’hectares en Méditerranée.
Ce qui les rend extraordinaires : à surface égale, ces écosystèmes stockent jusqu’à 3 fois plus de carbone qu’une forêt tempérée ou tropicale, et jusqu’à 8 fois plus que les sols forestiers dans leur structure bioconstruite — la « matte », une accumulation de rhizomes et de sédiments pouvant atteindre 8 mètres d’épaisseur et 2 500 à 3 000 tonnes d’équivalent CO2 par hectare sur plusieurs millénaires.
Le problème : ces herbiers régressent. Le taux de perte est estimé à 0,29 % par an sous l’effet des ancrages de bateaux, de la pollution côtière et du réchauffement des eaux. Chaque hectare perdu libère un carbone accumulé sur des siècles. Le programme Prométhée-Med du Parc national des Calanques établit la première méthodologie carbone européenne dédiée à leur protection.
Ce qu’il faut surveiller : la mise en place de zones d’interdiction d’ancrage obligatoires en Méditerranée française, et l’extension des crédits carbone aux projets de réimplantation.
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