
Finance solidaire : 29 milliards d'euros pour des entreprises qui font sens
En France, l'épargne solidaire a atteint 29,4 milliards d'euros d'encours fin 2024 — en hausse de 7 % en un an. Une fraction de ce capital finance directement des associations et entreprises d'utilité sociale. Un levier réel, encore marginal face aux 6 000 milliards d'épargne française totale.
Souscrire un livret d’épargne salariale « 90/10 » — 90 % en fonds classiques, 10 % dans des entreprises solidaires d’utilité sociale — : voilà concrètement à quoi ressemble la finance solidaire. Ce mécanisme, créé par la loi Fabius de 2001 puis rendu obligatoire dans tous les plans d’épargne entreprise depuis 2010 (loi de modernisation de l’économie de 2008), canalise chaque année des milliards vers des associations, coopératives et structures d’insertion.
Selon le 23e Baromètre de la Finance Solidaire (FAIR/Finansol, 2025), l’encours total de l’épargne solidaire en France a atteint 29,4 milliards d’euros au 31 décembre 2024, soit une hausse de 7 % en un an — dont 16,3 Md€ via l’épargne salariale et 12 Md€ via l’épargne bancaire. Les 192 produits labellisés Finansol couvrent assurances-vie, PEE, PERCO et livrets dédiés.
La nuance est de taille. Ces 29 milliards représentent moins de 0,5 % de l’épargne totale des Français (estimée à plus de 6 000 milliards). Et une partie significative du « solidaire » est en réalité de l’épargne salariale automatique dont beaucoup de salariés ignorent l’affectation. Les flux vers les entreprises solidaires réelles — associations de réinsertion, coopératives agricoles, habitat social — restent modestes face aux volumes en jeu.
Ce qu’il faut surveiller : l’extension de l’obligation 90/10 à de nouvelles catégories d’épargnants, et la transparence des critères d’impact des fonds labellisés.
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