
Des rivières et des écosystèmes ont obtenu une personnalité juridique — le mouvement arrive en Europe
Depuis 2017, plus d'une douzaine de rivières, forêts et écosystèmes ont obtenu une personnalité juridique dans le monde — du Whanganui néo-zélandais à la lagune espagnole de la Mar Menor. En France, le Parlement de Loire pousse pour un statut similaire.
En 2017, la rivière Whanganui en Nouvelle-Zélande devient la première au monde à obtenir une personnalité juridique en tant qu’entité vivante — le même statut légal qu’une personne ou une entreprise. Deux gardiens peuvent désormais défendre ses intérêts devant les tribunaux : un représentant de la communauté Māori, un représentant de l’État.
Le mouvement s’est depuis étendu : forêts colombiennes (arrêt de la Cour suprême, 2018), plusieurs rivières en Amérique du Nord, et — en septembre 2022 — la Mar Menor en Espagne, première lagune européenne à obtenir ce statut via une initiative citoyenne portée par plus de 600 000 signatures.
En France, le Parlement de Loire — collectif d’associations, d’élus et de juristes — milite depuis 2019 pour reconnaître à la Loire et ses affluents une personnalité juridique. Une proposition de loi a été déposée.
Ce qu’il faut regarder de près : la personnalité juridique ne protège un écosystème que si les institutions qui la portent ont les moyens de la faire respecter. En Inde, une décision similaire sur le Gange a été suspendue faute de cadre opérationnel. Ce n’est pas une baguette magique — c’est un changement de paradigme qui demande une architecture institutionnelle robuste, et une volonté politique que les textes seuls ne génèrent pas.
Pour aller plus loin : La révolution du rewilding : comment l’Europe redonne vie à ses territoires
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