
L'agriculture régénérative ne se contente pas d'être durable — elle cherche à reconstruire des sols que l'agriculture industrielle a épuisés
Couverture des sols, semis direct, agroforesterie, intégration animale : les pratiques régénératives visent à restaurer les sols et à y stocker du carbone. Les études disponibles montrent un potentiel réel — et des résultats économiques variables selon les contextes.
Le mot “durable” promet de maintenir ce qui existe. L’agriculture régénérative vise autre chose : reconstruire. Reconstruire la structure des sols, leur population de micro-organismes, leur capacité à retenir l’eau, leur stock de carbone organique. La FAO définit un sol dégradé par la diminution de sa capacité à fournir les biens et services habituels de son écosystème : le pari est loin d’être symbolique.
Les pratiques les plus souvent étudiées comprennent les couverts végétaux, le semis direct ou la réduction du travail du sol, la diversification des cultures, l’agroforesterie et l’intégration animale. Leur point commun : limiter les perturbations et favoriser la matière organique et la vie du sol, comme le décrivent les travaux publiés dans PeerJ et Frontiers in Sustainable Food Systems.
La synthèse publiée en 2024 dans Frontiers a trouvé que les sept pratiques pour lesquelles elle disposait de données augmentaient en moyenne le taux de stockage de carbone dans les sols. Mais les résultats économiques ne se résument pas à une hausse des rendements : dans l’étude américaine de PeerJ sur 76 champs de maïs, les systèmes régénératifs avaient un rendement inférieur de 29 %, tout en dégageant un profit supérieur de 70 % grâce à des coûts d’intrants plus faibles et à des revenus diversifiés.
Ce qui freine : pour les cultures de maïs et de soja américaines modélisées par McKinsey, le retour à l’équilibre financier peut prendre de deux à cinq ans et nécessiter de nouveaux équipements. Le service de recherche agricole de l’USDA souligne lui aussi que certaines pratiques coûtent davantage qu’elles ne rapportent à court terme, et qu’elles comportent des arbitrages. Enfin, il n’existe pas de définition formelle et largement acceptée de l’agriculture régénérative : selon les sources, elle désigne des pratiques précises ou les résultats recherchés.
Pour aller plus loin : L’agriculture régénérative : ce que les données prouvent (et ce qu’elles ne prouvent pas encore)
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